Phragmite envahissant

Arrivé au Québec au début des années 1900, le roseau commun, espèce exotique envahissante (EEE), est devenu non seulement l’espèce la plus abondante sur notre territoire, mais aussi la plus préoccupante. Nous ne sommes pas certains de la façon dont elle a été transportée de son lieu d’origine en Eurasie jusqu’en Amérique du Nord, mais cette grande graminée, aussi connue sous le nom de phragmite (Phragmite australis), cause de sérieux dommages à la biodiversité québécoise.

Comment la reconnaître ?

Cette très grande herbe vivace (2 à 5 mètres) croît en colonies denses dans les eaux peu profondes des milieux humides, sur les berges des ruisseaux et des lacs, dans les champs inondés et les fossés. Une colonie peut atteindre une densité de 200 tiges par mètre carré.

Inflorescence : la floraison s’étend d’août à septembre. Elle produit un beau plumeau comportant de nombreuses branches pour une taille totale de 20 à 30 cm au sommet des tiges. Les inflorescences sont souvent colorées de rouge pourpre à brunâtre, mais elles peuvent parfois être jaune à verdâtre, et elles persistent tout l’hiver sur les tiges.

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Feuille : elles sont longues et plates avec une largeur variant de 1 à 5 cm. Les feuilles sont de couleur verte et elles sont disposées en alternance le long de la tige.

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Tige : la tige de chaque plant est unique (non ramifiée), droite, verte ou jaunâtre et creuse. Elle persiste durant l’hiver.

Graines : chaque plan de phragmite peut produire de 800 à 1 600 graines lors de son cycle de reproduction, en septembre. Chaque graine est accompagnée d’une touffe de poils soyeux facilitant le transport aérien.

Racine : le système racinaire du roseau commun forme un réseau dense de plusieurs mètres de profondeur. Les rhizomes peuvent pousser de plus 3 m en une seule saison. Il est important de noter que seulement un petit fragment de racine peut reformer un nouveau plant ! 

Pourquoi est-elle une menace ?

Le roseau commun est une plante vigoureuse qui se disperse rapidement grâce son incroyable système racinaire, pouvant croître de plusieurs mètres par année. De plus, ses racines libèrent des toxines dans le sol pour entraver la croissance des plantes avoisinantes et les tuer. Donc, après son implantation, une colonie de phragmites peut facilement asphyxier les autres végétaux et être responsable de l’assèchement des milieux où elle pousse. Cette espèce constitue alors une menace pour les marécages et autres milieux humides.

Notre objectif : la diminution d’au moins 75 % de la superficie des colonies de phragmites dans les sentiers.

Pour atteindre cet objectif, nos actions de lutte de 2021 à 2025 sont les suivantes :

      1. Des travaux de coupe et d’extraction manuelle chaque année. Les plants coupés ou arrachés sont ensuite placés dans des sacs à ordures robustes et hermétiques pour éviter la dispersion des graines et jetés aux ordures pour être brûlés.
      2. Installation d’une bâche sur un site pour au minimum un an, après une fauche. La bâche permet de couper l’apport en lumière au sol et d’étouffer la plante pour inhiber sa croissance.
      3. Revégétalisation des sites nouvellement dénudés avec des plantes indigènes, à partir de 2023.
      4. Un suivi annuel jusqu’en 2025 pour suivre l’évolution des anciennes colonies et éliminer dans l’immédiat l’apparition de nouvelles colonies.

Comment pouvez-vous nous aider ?

      • Apprenez à identifier les phragmites envahissants.
      • Cette espèce ne doit pas être achetée, cueillie ou plantée.
      • Ne mettez pas les restes de roseau dans votre composteur de jardin. Ils doivent être placés dans des sacs à ordures robustes et jetés aux ordures pour être brûlés.
      • Restez sur les sentiers balisés et gardez les animaux en laisse, car en vous écartant des sentiers ou en pénétrant dans des zones où les phragmites sont présents, il se peut que vous encouragiez la dispersion de cette plante. Si vous n’avez pas pu les éviter, alors inspectez et brossez vos vêtements, les animaux, les véhicules (y compris les vélos) sur place pour éviter de transférer des graines dans une nouvelle zone.